A tous les tchadiens, bonjour

Posté par nastchad le 23 décembre 2009

Blog sur l’environnement de notre pays

Ce blog nous permet d’envisager et de discuter le problème de l’environnement de notre pays qui est ménacé.

 lefleuvechari.jpg

Lac Tchad: L’assèchement menace l’existence des riverains

Une véritable catastrophe humanitaire menace la région du lac Tchad du fait du tarissement des ressources en eau du lac du même nom, met en garde le Programme des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans un communiqué parvenu à la PANA jeudi.
 
La FAO se dit vivement préoccupée du sort des populations de cette partie centrale de l’Afrique. On rappelle que les pays riverains du lac sont le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigeria.

Selon la FAO, ce lac qui était un des plus grands réservoirs d’eau du monde s’est réduit de 90 pour cent, passant de 25 000 km2 en 1963 à moins de 1 500 km2 en 2001. Une situation liée aux caprices du climat, du changement climatique et de la pression démographique.

« Si le niveau de l’eau continue de baisser à son rythme actuel, ce lac disparaîtra dans une vingtaine d’années, selon les prévisions climatiques de la NASA », prévient la FAO.

Selon l’organisme des Nations unies, quelque 30 millions de personnes vivant dans la région du lac Tchad. Elles souffrent énormément de l’assèchement du lac et de la détérioration des capacités de production agricole de la région.

La FAO note ainsi que toutes les activités socio-économiques s’en trouvent affectées et la surexploitation des ressources en eau et en terre entraîne conflits et migrations.

En effet, outre la baisse de 60 pour cent de la production halieutique, les pâturages se sont dégradés, entraînant une baisse des disponibilités en fourrage (de l’ordre de 46,5 pour cent dans certaines zones en 2006) et une réduction du cheptel et de la biodiversité.

Dans son communiqué, la FAO souligne que les responsables des pays riverains se réunissent régulièrement pour réglementer et contrôler l’utilisation de l’eau et des autres ressources naturelles du bassin du lac Tchad.

Ils recherchent activement de nouveaux modèles de gestion adaptée de l’eau qui tiennent compte à la fois des techniques agricoles traditionnelles et de la nécessité d’assurer la sécurité alimentaire des populations.

Selon la Commission du bassin du lac Tchad créée en 1964, « le tarissement des sources d’approvisionnement en eau requiert un changement radical des techniques de gestion de l’eau et un plan pour reconstituer le lac ».

Face à cette situation, la FAO organise ce vendredi à Rome un événement spécial dénommé « Sauver le lac Tchad ».

L’objectif de cette manifestation est d’attirer l’attention sur la situation catastrophique du lac et mobiliser des fonds pour tenter de le sauver tout en assurant la sécurité alimentaire des populations riveraines.

Le sud de N’Djamena est menacé par le désert
Au niveau du village Toukra, à une dizaine de kilomètres de la capitale tchadienne, sur la route nationale qui mène vers le sud du pays, la faune discutait la route aux voyageurs, souligne Nago.

 »La zone était très boisée, la végétation luxuriante, et les éléphants, les antilopes, les gazelles, les lièvres étaient souvent présents sur la route », raconte-t-il, affalé sur sa natte rapiécée. Nago vit dans le village de Malo-Gaga, à 14 km au sud-ouest de N’Djamena.

Aujourd’hui, toute cette forêt, qui part de la sortie sud de N’Djamena jusqu’à Koundoul, en passant par Malo-Gaga, Ka’abé, Toukra, Do-matelas, Ngueli, soit sur une distance de plus de 20 km, a totalement disparu, et les éléphants avec, déplore Nago.

 »De cette forêt verte, il ne reste plus que quelques arbres épineux, des jujubiers, des savonniers de type balamites aegyptiaca, des acacias albida, et des palmiers. De la faune, il ne reste que quelques lièvres, des varans, des écureuils et autres rats malingres », raconte le vieux technicien agricole.

Le besoin croissant en bois de chauffe et en charbon de bois de la capitale N’Djamena, l’exode rural, qui a déversé dans les villages périphériques une importante population venue de l’intérieur du pays, la guerre civile de 1979-80, qui a déstructuré les services forestiers, sont quelques-unes des causes de cette déforestation plutôt rapide des alentours de N’Djamena, selon Nago, un ancien fonctionnaire du ministère de l’Agriculture du Tchad.

La rapide déforestation du sud de N’Djamena a également ouvert la voie à l’inondation qui est l’autre difficulté à laquelle font face aujourd’hui les riverains de la capitale tchadienne.

 »Il n’y avait pas d’inondation ici avant », affirme Ada Titeina, une habitante du village Ka’abé.  »Mais aujourd’hui, à cause de la disparition des arbres, notre village est totalement inondé quand il y a grosses pluies. Nous utilisons parfois même des barques pour nous rendre à N’Djamena ».

Lors de la dernière saison des pluies à Ka’abé, dont l’activité principale est la riziculture, les villageois ont dû construire des digues géantes pour se protéger de l’inondation.

 »Ces digues nous ont protégés pendant la saison. Nos maisons et nos champs étaient à l’abri de l’eau », témoigne Titeina.

Grâce à ces digues, certaines pistes étaient praticables le long de la saison, même si parfois, elles étaient boueuses par endroits, indique-t-elle.

Titeina ajoute que l’inaccessibilité de leur village, pendant la saison des pluies, les empêche d’écouler convenablement leurs produits agricoles vers N’Djamena.

 »Nous avons bien tenté de reboiser notre village, mais à chaque fois, les troupeaux des éleveurs arabes, en manque de zones de pâturage dans les régions septentrionales du pays, venaient dévorer les jeunes plants. Cela a souvent causé des affrontements entre villageois et pasteurs arabes », déclare Ali Séid, un autre habitant de Malo-Gaga.

L’absence d’arbres autour de la capitale fait que très souvent, pendant la saison sèche, la ville baigne dans la poussière.

 »La coupe abusive de bois est la cause première de la détérioration de l’écosystème autour de N’Djamena », estime Dr Adoum Ngaba-Waye, directeur de l’institut universitaire de formation des cadres supérieurs en environnement, basé à Sarh, dans le sud du pays.

Selon lui, rien n’est encore perdu. L’espoir demeure.  »On peut très bien encore reboiser N’Djamena et sa périphérie », dit-il.

Il suffira d’y planter des espèces résistant à la sécheresse, telles que  »les acacias senegalensis, les tibecias et les palmiers ». Certaines espèces résistant un peu moins à la sécheresse pourront même y être incluses puisque la localité est traversée par deux fleuves importants, le Chari et le Logone.

 »On pourra très bien aussi reboiser la localité avec des arbres fruitiers tels que les manguiers. Il suffit pour cela d’utiliser des engrais non toxiques », indique Ngaba-Waye.

On constituera ainsi un cordon écologique qui servira de brise vent autour de la capitale. Cette couverture végétale est d’autant plus importante que N’Djamena se trouve dans une zone de turbulences climatiques.

 »Reboiser N’Djamena et sa périphérie demande aussi des moyens et surtout de la volonté politique », ajoute Dr Ngaba-Waye.

La volonté politique existe déjà, semble lui répondre Kedallah Youssouf Hamid, le gouverneur du Chari Baguirmi, région dont dépendent les villages périphériques de N’Djamena. Son équipe, dit-il, est très consciente de la situation et a initié plusieurs projets pour reboiser la zone.

Le plus important de ces projets sera le reboisement de la zone Koundoul-Mandélia, soit une cinquantaine de kilomètres autour de la capitale.  »Ce reboisement constituera à faire une ceinture verte autour de N’Djamena », souligne le gouverneur.

Le gouvernement central du Tchad, pour sa part, a instauré, depuis près de 20 ans, une semaine nationale de l’arbre, célébrée chaque année au début du mois d’août. Lors de cette semaine organisée à l’échelle nationale, les autorités centrales et locales prennent la tête des populations pour planter des arbres.

Mais ces jeunes plants, souvent peu protégés, sont très vite ravagés par des bêtes errantes. C’est dire que la solution à la désertification, qui menace N’Djamena, réside peut-être en peu de chose, mais elle reste à trouver. (FIN/2007)

 

 

Laisser un commentaire

 

Echo de Saint Jean |
vive la cantine |
mademoizl |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | adminactu
| carsplus production
| RADIO JUSTICE